Les 8 Piliers du Yoga : Un Guide Complet

Un aperçu de ce que le yoga est réellement

Tu penses peut-être que le yoga, c’est surtout des gens hyper souples qui se plient en quatre — parfois littéralement. Et oui, on voit beaucoup ça sur internet. Moi aussi j’y ai cru.

Mais la vérité ?
Le yoga, c’est tellement plus.

C’est en Inde que j’ai compris à quel point cette pratique est profonde, puissante, vivante. Et toi, tu n’as pas besoin d’aller si loin : où que tu sois, le yoga peut t’aider à avancer, te soutenir et même te secouer un peu. Parce que oui, le yoga, c’est autant le confort… que l’inconfort.

Avant d’aller plus loin, faisons un petit détour par l’histoire pour poser les bases.
Prends une boisson que tu aimes : la suite arrive.


Le commencement

Quand on remonte dans le temps — quelque part entre 200 avant J.-C. et 500 après J.-C. — on croise un sage qui va profondément marquer l’histoire du yoga : Patañjali. C’est lui qui a rassemblé et mis par écrit les bases de la philosophie yogique dans un ouvrage devenu incontournable : les Yoga-Sûtra. Si tu découvres le yoga aujourd’hui, sache que ce texte est un peu comme la grande carte routière de la discipline, une sorte de boussole spirituelle qui guide encore des millions de pratiquants.

Tu te demandes peut-être ce que signifie vraiment le mot « yoga ». En Occident, on l’associe souvent aux postures — les āsana — que l’on pratique sur un tapis. Mais en réalité, le yoga va bien au-delà. C’est un système complet, une philosophie à part entière, avec ses écoles, ses nuances, ses chemins vers une forme d’éveil ou de compréhension plus profonde de soi et du monde.

On parle parfois du yoga de Patañjali ou du sāṃkhya-yoga, car son enseignement s’inscrit dans le sixième darśana, l’une des grandes écoles de pensée de la tradition hindoue. Et si tu veux vraiment comprendre comment le yoga transforme ta vie — doucement, mais sûrement — il faut connaître les huit piliers fondamentaux qui structurent sa pratique : les aṣṭāṅga, littéralement « les huit membres ».

Ces huit étapes, tu vas les découvrir comme on explore un chemin : une marche après l’autre, à ton rythme.


Les 8 membre du yoga aussi appelé les 8 pillier

  1. Yama : le code de conduite envers les autres
  2. Niyama : l’introspection et la discipline individuelle
  3. Asana : les postures du Yoga
  4. Prānāyāma : la respiration
  5. Pratyāhāra : le contrôle et l’économie des sens
  6.  Dharana : la concentration
  7.  Dhyāna : la méditation
  8. Samādhi : l’éveil

Le premier Anga : Yamas

Ces commandement sont les règles morale de la société et des individus que le Yogi respecte. Sans lesquelles règnent le chaos, la violence, le mensonge, le vol, la débauche et l’avarice . Donc selon moi, ce sont des commandement à respecter envers sois et envers l’extérieur (individus, terre, nature).

Les cinq Yamas:

  • Ahimsa : la non-violence, la non-nuisance
  • Satya : la vérité
  •  Asteya : ne pas voler
  • Brahmacarya : l’abstinence, la retenue
  • Aparigraha : la non-possessivité, la non-cupidité

Les yamas représentent la recherche d’une harmonie authentique avec le monde qui nous entoure. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces principes se retrouvent, sous différentes formes, dans de nombreuses traditions spirituelles. Ils constituent un véritable code de conduite, une source d’inspiration et de réflexion pour qui souhaite cheminer de manière consciente.

Un yogi ne se contente pas d’affirmer : « Je suis non-violent parce que c’est ce que les yamas prescrivent. » Il s’interroge plutôt sur les raisons profondes qui rendent la non-violence essentielle, et sur la manière de la vivre au quotidien. La violence peut prendre mille visages, dirigée vers les autres comme vers soi-même. Comprendre les yamas, c’est donc avancer pas à pas sur la voie du yoga.

Les yamas forment un terrain d’exploration inépuisable, que le yogi cultive et revisite tout au long de sa vie.


Le deuxième Anga : Niyamas

Les Niyamas, c’est un peu le code d’hygiène intérieure du yogi.
Non pas ce qu’on « doit faire » pour bien paraître, mais ce qu’on se doit à soi-même, pour être aligné avec qui l’on est vraiment. C’est comme une invitation à redevenir ce que l’on est déjà en essence — ou pour reprendre la phrase de Nietzsche (lui-même inspiré de Pindare) :
« Deviens ce que tu es. »

Les Niyamas, c’est une discipline douce mais exigeante, un chemin pour se purifier, se clarifier et se rapprocher de son Soi profond.
Et pour avancer sur cette voie, cinq attitudes essentielles nous accompagnent :

Les cinq Niyamas:

  • Saucha — se purifier, dans le corps comme dans l’esprit.
  • Santosha — apprendre à être content de ce qui est, vraiment.
  • Tapas — cultiver la discipline qui nous fait grandir et nous dépasse.
  • Svadhyaya — explorer, étudier, se connaître en profondeur.
    Ishwarapranidhana — s’abandonner, lâcher prise, faire confiance à plus grand que soi.

Le troisième Anga : Asanas

Ça y est, on y arrive : les āsana, ces postures que tout le monde associe au yoga. Elles sont belles, elles sont fortes, elles apportent stabilité, santé et légèreté.
Mais attention : les āsana ne sont pas de simples exercices gymniques. Ils servent à accorder le mental et le corps, à créer un état d’esprit stable et présent.

Pour les pratiquer, rien de compliqué : un espace propre et aéré, un tapis (ou même une couverture), et surtout… de la détermination. Les āsana travaillent chaque muscle, chaque nerf, chaque glande du corps. Ils façonnent un physique souple, solide, harmonieux — sans excès — tout en soutenant la santé et en renforçant le système immunitaire. Ils réduisent la fatigue, apaisent le système nerveux et rééquilibrent l’énergie.

Mais leur véritable puissance n’est pas seulement physique.
Ce qui compte vraiment, c’est la façon dont les āsana disciplinent et clarifient l’esprit.
En les pratiquant, le yogi apprend à maîtriser son corps pour en faire un véhicule digne de l’esprit.

Parce qu’une âme sans corps,
c’est comme un oiseau sans ailes : elle ne peut pas s’élever.


Le quatrième Anga : Prānāyāma

Comme le mot yogaPrānāyāma a de nombreuses nuances.

Prāna désigne le souffle, la respiration, la vie, le vent, l’énergie ou la force.

Āyāma signifie longueur, expansion, étirement… ou encore retenue.

Ainsi, le Prānāyāma n’est pas seulement une pratique de respiration. C’est l’allongement du souffle et son contrôle, un outil qui relie le corps et l’esprit. Il permet de travailler à la fois la respiration physique et l’énergie subtile, en équilibrant les vāyus qui circulent dans notre corps.

Les quatre premiers anga sont appelés bahiranga, le yoga extérieur. Le Prānāyāma, cinquième anga, devient le pont vers les trois derniers : les antaranga, le yoga intérieur. C’est ici que le chemin devient plus subtil, plus intime, et où le corps devient un véritable instrument de l’esprit.


Le cinquième Anga : Pratyāhāra

Pratyāhāra signifie littéralement « le retrait des sens ».
C’est l’art de tourner les sens vers l’intérieur. Pas simple, car nos cinq sens sont faits pour explorer le monde : voir, entendre, goûter, toucher, sentir… Tout ce qu’ils veulent, c’est sortir, capter, absorber.

Pour pratiquer Pratyāhāra, il faut apprendre à écouter ce qui se passe à l’intérieur, tout en évitant les pièges de l’ego. Tu connais cette invitation que tous les profs de yoga ou de méditation répètent : « Tourne ton regarde à l’intérieur et ressens les sensation dans ton corps » ? L’air dans les narines, la pression des pieds sur le sol, le mouvement des muscles…
C’est exactement ça : sentir, observer, prendre conscience.

C’est la base du Pratyāhāra. Et c’est ici que l’on commence à relier le corps à l’esprit de façon subtile.


Le sixième Anga : Dharana

Quand le corps a été trempé par les āsana, quand l’esprit a été affiné par le feu du prānāyāma, et quand les sens ont été maîtrisés grâce à Pratyāhāra, le sādhaka atteint la sixième étape : Dharana.

Dharana signifie concentration totale sur un point unique. C’est l’art d’arrêter les distractions, de fixer l’esprit sur un objet, une idée, une sensation… ou simplement sur soi-même.
Alors que Pratyāhāra nous ramenait dans le corps, Dharana nous apprend à stabiliser l’esprit à l’intérieur, à le tenir sans qu’il ne vagabonde.

C’est cette concentration profonde qui prépare naturellement le passage vers Dhyāna, la méditation pure.


Le septième Anga : Dhyāna

Dhyāna, c’est la méditation.
Ici, l’esprit ne se contente plus de se concentrer : il s’immerge dans l’objet de sa concentration.
Le corps est calme, les sens retirés, le mental stable. Le flot des pensées s’apaise, et une attention pure s’installe.

Dhyāna, c’est l’état où le yoga devient véritablement intérieur.
C’est un espace silencieux, où l’on n’agit plus, où l’on n’analyse plus, mais où l’on ressent et observe pleinement.
C’est le prélude à Samādhi.


Le huitième Anga : Samādhi

Samādhi, c’est l’union complète. L’esprit ne fait plus qu’un avec l’objet de sa méditation. Il n’y a plus de séparation entre le corps, le souffle et la conscience.
C’est un état de calme absolu, où les pensées s’éteignent et où l’âme expérimente la pureté de son essence. On ne cherche plus, on est simplement.

C’est la destination vers laquelle tous les autres anga nous préparent, l’accomplissement de la voie du yoga.


Le yoga comme un mode de vie

Des premiers anga extérieurs aux derniers anga intérieurs, chaque étape nous rapproche un peu plus de nous-mêmes, de notre essence profonde.

Pratiquer le yoga, ce n’est pas atteindre la perfection, c’est se découvrir, se purifier, se discipliner et apprendre à habiter pleinement le moment présent. Les asanas fortifient le corps, le pranayama équilibre l’énergie, Pratyāhāra et Dharana disciplineront l’esprit, et Dhyāna et Samādhi ouvrent la porte du silence intérieur.

C’est un chemin exigeant, parfois inconfortable, souvent doux et profondément transformant. Le yoga nous apprend à être entièrement là, à ressentir, à écouter, à revenir à soi. Et c’est exactement ça, sa puissance et sa beauté.


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